Mont Perdu etc... - 25 et 26 Septembre 2014

Les hauteurs sauvages parsemées de caillasses et de grottes...

Deux jours de rêves dans l'immensité minérale du Mont Perdu. Seuls au monde lors de sa création !

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Du sommet du Mont Perdu, Le Cylindre et le lac glacé en bas (notre camp pour la nuit). Au loin, le Vignemale

1er jour :

Départ de Gavarnie, chargés comme des mules (15 kg chacun sur le dos), c'est inhumain, mais les nuits sont fraîches et il faut tout prévoir !

La montée : La brèche de Roland avalée en 2 heures depuis le Col des Tentes (petite visite à la grotte Russel au passage), Pas des isards côté espagnol et montée vers le très joli cirque entre le Casque et la Tour. Montée sur la vire supérieure de la Tour (vire des isards) qui la contourne. Une fois dépassée, le Mont Perdu apparait enfin, mais que de chemin encore à parcourir pour l'atteindre !!! Traverser l'immense plateau d'éboulis, passer sous le col des Cascades puis l'épaule du Marboré avant de glisser sur les névés résiduels sous l'épaule et dans les bas-fonds du Marboré. Des trous partout, des couleurs changeantes, un chaos inextricable. Heureusement des cairns un peu partout (parfois un peu trop partout). Il faut savoir où l'on va... Monter sur les terrasses supérieures, redescendre pas mal avant de remonter un nouveau gradin... Bref, après avoir contourné le Cylindre sur sa belle vire aux alentours de 3000 m, on tombe enfin sur le site du lac glacé. Les affaires lourdes de la nuit sont installées dans un abri naturel de la falaise du Cylindre (vue exceptionnelle), mais on dormira finalement plus bas (meilleur emplacement, plus de place pour manger aussi) vers le lac glacé. Puis on s'élance à l'assaut du sommet par "La Escupidera" (littéralement "crachoir" en espagnol) en forme de toboggan géant. De plus en plus raide avant d'atteindre le haut, tout plat, où la vue qui s'ouvre d'un coup. 2 personnes sont au sommet du Mont Perdu (3355 m), la vue est à nous sous les lumières changeantes du milieu d'après-midi... Nos yeux cherchent les sommets connus, c'est à s'en ennivrer tellement il y en... On s'imagine sur le culmen du monde, rien ne semble pus haut, sur ce sommet pourtant seulement le 3ème plus haut des Pyrénées ! Magie. Mais le froid nous mord les oreilles et nous oblige à replonger dans le crachoir, descendu en 20 minutes. De retour lac à 3000 m d'altitude, Théo va chercher la tente et les affaires laissées sous la falaise pendant que je vais faire le plein d'eau 100 m de dénivelée en contrebas sur le chemin du refuge de Goritz, au passage d'un ruisseau (équipé d'une chaine). Une belle cascade est entièrement gelée, c'est magnifique, mais augure une froide froide à venir... En fin d'après-midi, on prend un peu de repos avant de diner, on se dore au soleil comme 2 grosse marmottes, on étudie les cartes pour le parcours du lendemain.

Perdus au Mont Perdu ? Vers 18 h 30, on entend un couple d'espagnols débarquer de la vire (3000 m) d'où nous étions arrivés. Ils ont l'air de discutter dur et de ne pas être d'accord sur tout ! Ils avancent très lentement, très saccadés, galèrent sur un petit névé pentu qu'ona évité pour notre part mais qu'ils prennent en plein travers...progressant vite sur 20 ou 30 m puis s'arrêtant et parlant sans fin ! On se demande où ils vont dormir !? Tout en espérant qu'ils ne plantent pas le camp trop près de nous quand même... Mais après moultes hésitations, ils commencent par attaquer le couloir du cylindre (!?), puis redescendent vers le lac glacé, puis remontent finalement au col du cylindre ! Ce qui aurait pu se faire en 20 minutes, ils ont dû en mettre 45 ! La nuit va bientôt tomber, ils ont 2 petits sacs de rien du tout (pas de crampons sans doute, pas de quoi dormir non plus). Ceux qui connaissent le col du cylindre savent que ce qui les attend derrière, c'est le glacier (face Nord) du Mont Perdu à descendre, puis la barre rocheuse de plus en plus dénudée de neige donc de plus en plus délicate (surtout de nuit). Après c'est le balcon de Pineta. Le refuge de Tuquerouye est encore très loin, et la vallée de Pineta encore plus... Sachant qu'il leur reste environ 1/2 heure de jour !!!? Peut être les retrouvera-t'on dans un pli du sérac du Mont perdu dans quelques centaines d'années ?

A la soupe, et au dodo, "coucouche panier, papattes en rond"... Bref, de notre côté, c'est l'heure du repas (19 h - 19 h 30) et de la soupe bien chaude... Au programme de la télé ce soir, les changements de couleurs du Mont Perdu, un spectacle grand écran !!! Pour se réchauffer en attendant le orange puis le rose du sommet, on réhausse au maximum le muret de notre abri, pour être le plus protégés possible... Puis d'un coup, la lumière s'en va et se ternit, le rose devient gris en quelques secondes. Il pèle, on rentre vite se coucher sous la tente dans nos duvets bien chauds ! Il est 8 h 45. Même si la nuit, très froide, fut calme (à peine un peu de vent en début de nuit), la pause pipi de 2 heures du mat nous laisse admirer la voute céleste constellée de milliards d'étoiles, la voie lactée en pleine figure, extraordinaire, pas de pollution lumineuse à cette altitude ! La température passe largement sous le zéro, c'est sûr, on ne traine pas et rejoignons les duvets...

 

2ème jour :

Micro nuit entrecoupée de plusieurs réveils (ou plutôt de peu d'endormissements), mais peu importe. Nous sommes au bout du monde, dans un endroit tellement beau qu'une nuit râtée ne nous gâchera pas notre plaisir ! Nous décidons de nous lever à 6 h 30. Déjeuner de nuit à la frontale, repli des affaires, et on reprend le sentier à la pointe du jour, soit 7 h 30. Contournement du Cylindre par la même vire puis plongée vers les abîmes du Marboré au Nord, au feeling. On trouve une sente tout au fond du vase, on suit la voie normale du Marboré, raide au début dans des éboulis gris, puis moins alors que le soleil nous accueille et que les rochers deviennnent orangés. Sublime ! 9 h, et le terrain de foot du Marboré (point culminant du cirque de Gavarnie avec ses 3248 m) nous accueille. Magnifique vue plongeante sur le cirque. On poursuit la crête descendante, montons rapidement au Pic Occidental de la Cascade (orange comme le Marboré), encore sentier de crête. Après un passage un peu exposé, voilà le Pic Brulle (ou Pic Central de la cascade), blanc-gris cette fois, avec 3 pointes. Un grand col à son pied puis remontée sur l'immense dalle et pierrier du 3ème Pic Oriental de la Cascade et de l'épaule du Marboré (que nous ne ferons pas). Retour vers la faiblesse du gradin (et du seul point d'eau qu'on ait trouvé, nos gourdes sont à sec d'où ce choix). La zone est immense et constellée de crevasses. Le point d'eau semble couler dans un profond gouffre (le fameux Aven du Marboré ?), caché par quelques pierres sur une autre entrée à quelques mètres, marqué de codes (chiffres et lettres) bleus et pointillés de la même couleur, indiquant sans doute l'axe de ce gouffre !? Puis ça remonte, sur les interminables dalles blanches et noires, ponctuées de calos oranges parfois or, gris striés, noirs marbrés, un festival pour les géologues ainsi que pour les amateurs, ivres de tant de beautés si bien agencées et pourtant tellement naturelles ! On voudrait tout voir mais le chemin est long, il faut tirer à peu près droit. Petite hésitation pour trouver la descente de la barre rocheuse, assez impressionnante. On prendra une vire extrèmement aérienne mais splendide qui se coupe malheureusement au dernier moment... Demi-tour, on prend celle au dessus, juste avant la Tour. Bref, un vrai jeu de pistes (attention en cas de brouillard !). On rattrappe enfin le cirque Casque-Tour, le col des Isards, le Pas du même nom, la Brèche. A cette heure-ci (midi), il y a du monde, à la brèche, comme dans la montée sur le glacier, comme en bas sur la grande dalle sous le glacier... Comme d'habitude, on voit de tout !!! Un groupe descend lentement juste après nous. Malheureusement une partie du sentier marqué dans la neige est vraiment verglassé... On nous a dit qu'une femme venait, juste avant notre arrivée, de dévisser... Heureusement plus de peur que de mal apparemment. Nous avions chaussé nos crampons (après les avoir portés pendant 2 jours pour rien, ainsi que les piolets, il allaient enfin nous servir !!!) et rattrapons un jeune (25 - 30 ans) à genou dans la neige, en panique, plantant une pierre allongée en guise de piolet dans la glace pour tenter de marquer ses pas... Un homme essaie de l'aider. Il a réussi à monter dans la matinée, a fait le Taillon, et n'arrive plus à descendre ! D'autres qui montent (sans crampons non plus) sont bloqués à cet endroit-là et font demi-tour... Des espagnols qui nous suivaient au Pas des isards (sans crampons également) choisissent de descendre à droite du glacier (beaucoup plus raide) dans la caillasse... Des pierres roulent dans un grand fracas ! C'est du n'importe quoi comme d'hab ! Une foule se dore au soleil de la dalle intermédiaire, comme des marmottes. Il suffit de regarder comment ils sont chaussés pour comprendre qu'ils ont dû faire demi-tour, eux-aussi !

Dans la suite de la descente, on croisera encore des gens qui montent, en tennis à peine lacés, sans sac à dos pour certains... Yahoo ! Vive la popularité de ces lieux si beaux !

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Théo après le passage du refuge des Sarradets                           Arrivée à la brèche (grotte Russel en vue)                                      Début du glacier

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Belle vue depuis la grotte Russel                                              Après la brèche de Roland (versant espagnol)       Pas des isards (chaîne pour se tenir)

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Taillon, Doigt et brèche de Roland après le pas des isards      Montée vers la vire supérieure de la Tour        En contournant la Tour, le Casque à droite          

                           

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Sous le col de la Cascade, l'Epaule du Marboré apparaît      Le Mont Perdu enfin en vue, mais encore trrès loin...     Premier camp installé sous la falaise du Cylindre

 

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Le Cylindre et son col, le lac glacé en bas       Le haut du couloir de la Escupidera (crachoir en espagnol)    Vue du sommet du Mont Perdu : Soum de Ramond, etc... 

 

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Pineta, La Larri, Pena Blanca, etc...                              Balcon de Pineta, Pic de Pinède                                   Cylindre du Marboré vu du Mont Perdu

 

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Sommet plat du Marboré (3248 m) et Cylindre au fond      Lac glacé et balcon de pineta depuis le Marboré    Le cirque de Gavarnie vu du Pic Brulle (ou Pic Central) 
             

 

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Vue du Pic Brulle (Central) : Cylindre (à droite), Marboré, un peu caché derrière le Pic Occidental

 

 

 

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